Le Bois de Harre et ses chemins

Aujourd’hui, l’aplovou, vous emmène à la découverte d’une publication récente et très intéressante sur le Bois de Harre,

L’auteur, Thierry Detroz, a habité Deux-Rys et réside actuellement à Vaux Chavanne.

Vous trouverez, ci-après, la présentation de l’ouvrage suivie de l’interview de son auteur et éditeur.

Bonne lecture

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L’ ouvrage débute par un préambule sur l’évolution du droit de propriété du début du Moyen-âge à nos jours.

D’une vision plus axée sur la jouissance de la terre que sur sa disposition, il nous explique l’évolution qui, petit à petit, a réduit les droits d’usage (affouage, glandée, cueillette, pâturage, libre circulation, …) comme peau de chagrin.

Vient ensuite l’histoire du Bois de Harre en elle-même, remise dans son contexte historique par périodes, du XIIème au XXIème siècle.

Cette partie de l’ouvrage est particulièrement détaillée et agrémentée de documents, de photos et de cartes permettant une meilleure compréhension. De plus, de nombreuses notes bibliographiques et autres accompagnent le lecteur.

La présentation d’usagers des chemins du Bois de Harre à travers les âges nous entraîne, quant à elle, sur les pas de ceux qui, des siècles durant ont foulé son sol : villageois, commerçants, maîtres de forges, charretiers, seigneurs, bandits, pèlerins, soldats, résistants et… même deux de nos rois ! (Léopold Ier et Albert Ier)

Actuellement, de nombreux usagers (touristes, cavaliers, vététistes, joggeurs, marcheurs et autres naturalistes) continuent à fréquenter ces chemins.

L’ouvrage se poursuit par une présentation de cartes qui, du XVIème siècle à aujourd’hui nous montrent la permanence des chemins vicinaux du Bois de Harre.

En épilogue, un plaidoyer écrit en 1996 par Joseph Bosmans, ancien mayeur de Manhay où celui-ci souligne le danger de disparition de nombreux chemins vu une utilisation qui se raréfiait.

Ce remarquable travail historique réalisé par Thierry Detroz dépasse largement le simple cadre de la polémique autour des chemins du Bois de Harre et permet d’avoir une vue d’ensemble et une compréhension accrue de ce qu’ont été et de ce que sont encore ces voies lentes de communication.

Un ouvrage que tous les amoureux de liberté, de nature et de nos chemins, où qu’ils se trouvent, se devraient de posséder dans leur bibliothèque.

 

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A gauche, le chemin n°1

Interview

Bonjour Monsieur Detroz et merci d’avoir accepté de répondre à nos questions.

Tout d’abord, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

J’ai vécu à Deux-Rys jusque l’âge de trente ans, à l’orée du Bois de Harre, au pied du chemin n° 1.

Pendant mes études, je parcourais souvent les chemins du Bois de Harre et d’autres en révisant mes cours, je les ai pratiquement parcourus toute ma vie, à pied, à cheval, à vélo.

Du point de vue professionnel, j’ai mené une carrière de consultant en informatique et d’expert comptable.

L’histoire est un hobby pour moi, particulièrement la période du Moyen-âge s’étendant du XIIe au XVe siècles.

IMG_6276_RLe chemin n° 1

 

Vous venez d’écrire et d’éditer un ouvrage sur le Bois de Harre et ses chemins. Pourquoi un tel ouvrage ?

Il s’agit, avant tout d’une réaction affective par rapport à mes origines.

De plus, j’ai pensé que pour défendre nos chemins, il était préférable de partir d’un point de vue historique plutôt que de développer des arguties juridiques ou autres.

 

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Ce livre, au-delà de son intérêt historique, est clairement un plaidoyer pour le maintien de nos chemins. Comment voyez-vous leur avenir ?

Je pense, qu’il faut, avant tout, motiver les jeunes à s’y intéresser notamment via le sport (marche, jogging, vtt, équitation) mais aussi via l’histoire : ce ne sont pas de simples « chemins », il s’y est passé des choses, ils jouaient un rôle important. Il faut leur en parler.

Actuellement, les gens circulent à nouveau pour leurs loisirs, il faudrait que les autorités (communales et autres) profitent de cet intérêt renaissant et l’exploitent davantage (signalisation, brochures, …).

Dans bien des endroits, les marches Adeps jouent actuellement ce rôle.

 

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Dans la conclusion vous donnez quelques pistes à l’intention de nos décideurs mais, quelle est la situation aujourd’hui pour la circulation dans les bois et notamment depuis le décret du 1er juin 2011 ?

J’observe peu à peu un changement. La disparition de la prescription pour non usage, c’est bien mais si on n’utilise pas un chemin, il va de toute façon disparaître.

Paradoxalement, c’est surtout la problématique du Bois de Harre qui a relancé l’intérêt du public pour les chemins.

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Que peut faire, à son niveau, monsieur « tout le monde » pour aider à préserver ce patrimoine ?

Tout d’abord, y circuler, participer aux activités citées plus haut (VTT, Adeps, …).

La grande majorité des autochtones se sent malheureusement moins concernée que les « gens de la ville ». Il convient d’insister sur l’intérêt qu’il y a à préserver et entretenir ce patrimoine local.

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Nous vous remercions pour votre accueil et vous laissons le mot de la fin.

Nous vivons probablement dans un monde qui devient trop matérialiste et technologique. Cela explique peut-être le désintérêt pour les chemins et la volonté de les vendre. La technologie est importante mais il me semble que c’est avant tout un outil pour nous aider à préserver l’essentiel.

Est-ce que la nature (la mer, les montagnes, les forêts,…) ne fait pas partie des vraies richesses de l’homme et ne doit pas être une priorité pour celui-ci ?

 

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Ceux qui seraient intéressés par l’acquisition de l’ouvrage (10€ + frais de port ou retrait chez l’auteur) peuvent laisser leurs coordonnées sur laplovou@yahoo.com et nous ferons suivre.

La publication est également disponible, en prêt, au comité des fêtes

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